« Il est six heures au clocher de l'église / Dans le square les fleurs poétisent / Une fille va sortir de la mairie / Comme chaque soir je l'attends / Elle me sourit / Il faudrait que je lui parle / A tout prix » (1) Christophe chante sa fameuse chanson qui sort des écouteurs de mon MP4 tandis que je regarde le paysage. Je suis à l’arrière du LAND ROVER à mon père, tête presque posée contre la vitre située à ma droite, le ciel est bleu et les nuages inexistants (contrairement à ce qui était prévu), sur la voie rapide direction le camping LE MARQUEVAL. Un an et demi que je n’y ai pas mis les pieds. Les deux dernières fois (2) étaient pour quelques heures. Là c’est pour deux jours (enfin presque). L’avant-dernière fois six ans de souvenirs m’ont envahi, la dernière fois j’en avais marre. Que va-t-il arriver cette fois ? Mes souvenirs bons ou mauvais me (re)gagneront ? Ou alors je serai une nouvelle fois lassé au bout d’une ou deux heures ? Je crois qu’il me faudra être sur place pour savoir. Au pire j’ai pris mon PC portable (je n’aurai pas Internet mais mon lecteur DVD portable est mort), donc un bon paquet de films, rechargé au maximum mon téléphone, mon appareil photo et mon MP4. Nous sommes le lundi 23 février, il est presque 15 heures, et je serai de nouveau dans ce camping d’ici une vingtaine de minutes au maximum.
Nous sommes à destination. J’éteins mon MP4 au moment où l’intro de LITTLE DOLLS (3) commençait à se jouer et descends de la voiture. Le vent commence à souffler de bon cœur (serait-il étonné que je sois là ?). Je découvre le nouveau et grand mobil home de mes parents. J’entre, mon père me le fait visiter et je pars voir à quoi ressemble ma chambre. Elle est petite. Il y’a deux lits, un contre la fenêtre et l’autre à l’extrémité de la pièce, contre le mur qui sépare la chambre du salon. Entre deux il y’a une table de nuit, suspendue et collée au mur du fond. Ce n’est que jusqu’à demain…
À peine mes quelques affaires déballées et « rangées », je pars à pieds jusqu’à la mer (ça doit vraiment être un réflexe). Le vent souffle vraiment à toutes puissances. J’ai juste pris mon MP4 que je mets en marche, mon téléphone portable et mon appareil photo. Je ne regarde pas trop autour de moi, le coin est si calme, c’est si désert dans le camping, sur la route et au bord de la plage (remarque, vous me direz nous sommes en semaine). Aucun souvenirs ne me vient en tête. Presque deux ans sans passer pourtant ça devrait le faire, non ?
Je prends quelques photos, réponds à mes SMS et marche tout au long de la plage en pensant à tout et à rien. Le vent ne cesse de souffler, de souffler encore. J’hésite alors entre deux choses : soit retourner au camping et revenir ici demain matin ou alors rester plus et prendre d’autres photos, profiter de l’air très frais de la mer (là je suis servi). Allez, je prends mon courage à deux mains : je retourne au camping.
Sur le chemin du retour comme dans le mobil home : rien. Pas de souvenirs mais aussi pas de lassitude. J’aime bien être là, ça me change, mais pas autre chose. J’ai passé la soirée dans cette petite chambre à regarder deux DVD. Deux DVD qui n’étonneront pas beaucoup de lecteurs : pour commencer le spectacle d’Indochine ALICE & JUNE TOUR que ma seule ex mariée pour le moment m’a offert le 05 janvier 2008. Je me souviens bien du jour vu que c’est le même où elle m’a annoncé son mariage (4). Ce dernier qui avait l’air pas mal d’ailleurs pour le peu que j’ai vu (5). Après la fin de ce concert, j’en remets un autre : le dernier passage de Johnny à La Cigale en décembre 2006, j’ai déjà parlé de celui-ci une fois d’ailleurs, vite-fait (6). Même si il ne dure pas longtemps et que Jojo y chante à peine une vingtaine de chansons, je ne peux pas m’empêcher d’aimer ce spectacle. J’aime bien les fringues qu’il y porte, et cette fougue qu’il a toujours en lui (à voir en sommes, surtout si vous aimez le rock and roll et le blues). Il n’est pas loin de 03 heures du matin quand je ferme le PC pour enfin dormir. Pour ça j’ai dehors une berceuse que j’aime énormément : un vent fort hurlant et une pluie battante. Je ferme les yeux, j’écoute. J’apprécie. Je ris en pensant qu’un tueur fou pourrait profiter du fait que le camping soit quasiment désert pour débarquer et nous massacrer (oui je sais je suis totalement barré). Je rêve…
Je n’ai pas beaucoup dormi et je suis d’une humeur de chien. Ce n’est pas à cause du temps de cette nuit, mais simplement je n’ai pas assez dormi. Et ma mauvaise humeur est signe que la journée s’annonce comme les autres (et merde). Vers 10 heures je fonce faire un tour à la mer. Je prends des photos qui sont meilleures que celles d’hier (enfin je pense). En parlant d’hier, au dessus le ciel est le même : bleu, mais énormément de vent qui vient gâcher la fête. J’ai envie de me poser et d’écrire, mais rien ne me vient en tête. Je suis là, il n’y a que quelques passants, les grosses vagues, le vent et moi. Je marche de nouveau le long de cette plage, mais cette fois de l’autre sens et en ne pensant à pas grand-chose. Qu’est-ce que les habitants du coin doivent être tranquilles ici. J’imagine ce que je vivrai si j’étais à leur place. Et une autre chose bien sympathique (la personne concernée sait de quoi je parle).
Je passe cet après-midi du mardi 24 mars à répondre à une dizaine d’SMS, à continuer de lire CELLULAIRE de mon auteur préféré Stephen King (7) et à regarder (avec les bonus) le très beau NO COUNTRY FOR OLD MEN (8) que j’ai acheté il y’a quelques semaines et que je n’ai pas encore eu le temps de voir (mais je l’avais, bien entendu, vu au cinéma).
Le départ avait un sale goût, il m’a fait rappeler justement ces départs de l’époque. Ces dimanches, ces dimanches en débuts de soirées où il fallait attaquer une nouvelle semaine au bahut, ne plus voir pendant plusieurs jours certaines personnes, ou retours de vacances aussi. C’est toujours le même rituel : après dîner ranger les affaires, prendre les valises ou les sacs, s’installer dans la voiture et en route au soleil couchant. Je ne pense pas que je reviendrai, ou du moins pas tout de suite. En fait je ne sais pas. Je suis de nouveau à l’arrière du LAND ROVER à mon père, tête presque posée contre la vitre située à ma droite, MP4 aux oreilles, je regarde le paysage tandis que nous sommes sur la voie rapide, direction la maison.
Et c’est parti pour une semaine. Enfin presque, trois jours avant que j’ailles à Paris pour le week-end. Oui je sais, il y’a plus désagréable…
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1 = LES MOTS BLEUS de Christophe, extrait de l’album du même nom (1975 Dreyfus).
2 = Lire l’article TWO ARTICLES OF MY BLOG PRECEDENT.
3 = D’Indochine, extrait de l’album LA RÉPUBLIQUE DES MÉTÉORS (2009 Sony).
4 = Lire l’article de mon ancien blog QUAND UNE EX ANNONCE QU’ELLE VA SE MARIER (2008).
5 = Lire l’article de mon ancien blog SOUVENIRS DE DÉCEMBRE : EN ATTENDANT LES FÊTES (2009).
6 = Lire l’article MA RELIGION DANS SON REGARD.
7 = CELL (2005).
8 = Écrit et réalisé par Ethan et Joel Cohen, avec Tommy Lee Jones, Josh Brolin, Javier Bardem, d’après le roman du même nom de Cormac McCarthy datant de 2005 (2007 Paramount Classics / Miramax Films / Scott Rudin Productions). CE FILM FUT RÉCOMPENSÉ PAR 4 OSCARS (MEILLEUR FILM, MEILLEUR SCÉNARIO ADAPTÉ, MEILLEUR RÉALISATEUR ET MEILLEUR SECOND RÔLE MASCULIN POUR JAVIER BARDEN), 2 GOLDEN GLOBES (MEILLEUR ACTEUR DANS UN SECOND RÔLE POUR JAVIER BARDEN, MEILLEUR SCÉNARIO) ET FUT DANS LA SÉLECTION OFFICIELLE EN COMPÉTITION DU 60ème FESTIVAL DE CANNES EN 2007.
Photo : Adrien Balboa (2009).
Publié par Adrien Balboa à 07:53:37 dans Voyage au pays des vivants | Commentaires (19) | Permaliens
Vendredi 27 février. Ce soir je n’ai rien à faire, si ce n’est attendre le lendemain matin pour partir à Paris afin d’y passer le week-end. Mais je n’ai pas sommeil, il faut que je fasse quelque chose. Une petite séance cinéma s’impose. Il est même pas 22 heures et mes parents sont déjà couchés (ils commencent tôt demain matin). Je suis assis sur le canapé du salon, devant une télé qui marche dans le vide. Les volets sont clos, la seule lumière allumée illumine toute la pièce qui vient à peine de retrouver sa décoration (et un peu de sa fraîcheur) après la fin des travaux vendredi dernier. Je regarde de loin les DVD à ma mère, enfin ceux que je peux voir, ceux du premier rang. Le dernier m’intrigue. J’ai vu ce film qu’une fois, je devais être en vacances, je crois que j’allais encore à mon premier lycée à Maromme. Et j’avoue j’en garde un bon souvenir morbide. Il s’agit de PSYCHOSE (1), du maître Alfred Hitchcock. Et si, pour même pas deux heures, j’allais revoir Norman Bates ? Si j’allais plonger une nouvelle fois dans ce côté des entrailles de l’horreur ?
C’est décidé. Extinction des feux. Après les bandes-annonces et avoir choisi de le regarder en version originale (mais regardez les films de cette façon !), le générique me met rapidement dans le bain.
Marion Crane, jouée par la belle Janet Leigh, en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l'entend. En effet, son travail ne la passionne plus, son amant ne peut l'épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire à son ex ce qui le met dans une belle difficulté financière (alors pourquoi se marier ?)... et un beau jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. 40 000 dollars en liquide. La tentation est trop grande, trop belle, trop forte, et Marion s'enfuit avec l'argent. Très vite elle panique. Partagée entre l'angoisse de se faire prendre et l'excitation de mener une nouvelle vie (ça se comprend parfois), Marion roule vers une destination qu'elle n'atteindra jamais. La pluie est battante, la nuit est plus noire que jamais et notre voleuse s'arrête près d'un motel, tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates, mais qui doit supporter le caractère possessif de sa mère malade. Après un repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l'argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche...
Sur le papier, quand on lit l’histoire ou les dialogues, PSYCHO aurait pu être la série B (ou Z) du siècle, comme tous les grands films du genre remarque. Mais Hitchcock est loin d’être un amateur et apporte tout son génie pour ce film angoissant à l’extrême (même cette fois j’ai flippé de la même manière lorsque Anthony Perkins, vers la fin du film, débarque dans la tenue de sa mère et poignard en main, et je ne parle pas de l’expression de son visage…). Anthony Perkins d’ailleurs est magistral dans la peau du fou Norman Bates, ce rôle fera décoller sa carrière, mais cette dernière n’ira jamais plus haut et redescendra d’une façon fracassante. La scène de la douche est un des moments les plus cultes et étudiés de l’Histoire (il aura fallu 7 jours pour la tourner). Le montage de cette scène est exemplaire. Un film angoissant qui, pour les spécialistes, en a inspiré plus d’un (même maintenant).
Il est presque minuit quand le film se termine. J’allume de nouveau la lumière du salon, la télé et mets la première chaîne qui me vient en tête. Je vois que j’ai mis ARTE et que c’est l’émission TRACKS. Il me faut prendre une douche avant de me coucher. C’est idiot mais j’hésite plusieurs secondes avant de me décider… il n’y’a vraiment que le bon cinéma (et à croire Hitchcock) pour nous livrer de pareils moments.
Pour les très curieux, deux suite sont sortis au cinéma où l’on retrouve Norman Bates libre (oui ils ont osé) : PSYCHOSE II (2) et PSYCHOSE III (3), celui-ci réalisé par Anthony Perkins lui-même. Mais les deux n’ont pas la classe du premier (bien entendu), et ne sont que des slashers ennuyeux et basiques (mais l’histoire du second est légèrement intéressante).
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1 = PSYCHO, avec et réalisé par Alfred Hitchcock, avec également Anthony Perkins, John Gavin, Vera Miles, Janet Leigh, écrit par Joseph Stefano d’après le roman du même nom et datant de la même année de Robert Bloch (1960 Shamley Productions). 4 NOMINATIONS AUX OSCARS : MEILLEURE PHOTOGRAPHIE (JOHN L.RUSSEL), MEILLEUR RÉALISATEUR, MEILLEURE DÉCORS ET MEILLEURE ACTRICE DANS UN SECOND RÔLE (JANET LEIGH).
2 = PSYCHO II, réalisé par Richard Franklin, avec Anthony Perkins, Vera Miles, Meg Tilly, écrit par Tom Holland (1983 Universal Pictures).
3 = PSYCHO III, avec et réalisé par Anthony Perkins, Diana Scarwid, écrit par Charles Edward Poque (1985 Universal Pictures).
Photo : John L.Russel (1960).
Publié par Adrien Balboa à 08:06:13 dans Voyage au pays des vivants | Commentaires (23) | Permaliens
« Je reste enfermé chez moi et je ne sors pas
J'attends comme la fin du monde et je ne sais pas
Combien de temps ça prendra mais je ne l'oublie pas
Parfois la nuit on s'ennuie et ca ne plait pas
Non ca ne vous plait pas...
(…)
Je voudrais te revoir
Briller d'electrastar
J'ai envie de te voir
Et cracher sur la gloire
J'aurais pourtant tant aimé nous protéger
(…)
Et ca fait mal
Oui ça fait mal
Oui ça fait mal »
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Titre et citation : ELECTRASTAR d’Indochine, extrait de l’album PARADIZE (2002 BMG).
Publié par Adrien Balboa à 21:26:58 dans Voyage au pays des vivants | Commentaires (21) | Permaliens
« Il est quelle heure ? » Cette phrase est la première chose que je me dis en ouvrant les yeux. Je me tourne un peu pour voir et il est presque 10 heures. Nous sommes le dimanche 08 mars. Je n’ai pas dormi seul cette nuit. En effet, vu qu’elle est ce week-end chez son cousin Brian, un copain batteur, j’ai déjà parlé de lui ici une fois (1), qui habite à Déville (ah oui, elle ne vit pas en Seine Maritime), que mes parents sont chez des amis à eux et qu’ils reviennent cet après-midi, Cindy (alias La blonde aux cheveux bleus pour les habitués des commentaires sur ce blog) est venue dormir à la maison. Je me retourne pour voir si elle est réveillée. Si c’est le cas, je verrai alors un oreiller avec les cheveux bleus dépassants du dessous (ah oui, elle est emo) enfoncé sur elle (elle d’ailleurs qui serait couchée sur le ventre). C’est idiot mais j’ai toujours trouvé ça mignon. Elle est réveillée... Bref, après avoir un peu tué le temps elle demande si on peut regarder LE LIVRE DE LA JUNGLE (2). Version Disney bien entendu. Étonné qu’elle me le demande (ses goûts cinématographique sont loin d’être proche de l’univers de Baloo), je mets du temps à dire oui, croyant au début qu’elle se fout de ma gueule.
Il est bientôt 15 heures. À peine rentré de chez Brian où je suis allé la raccompagner et où nous nous sommes faits des « salutations déchirantes », j’ai envie de regarder un bon film, histoire de passer le reste de ma journée (mes parents rentrent dans moins d’une heure). Un bon film que je n’ai pas vu depuis longtemps. MARIUS (3). Oui tiens, MARIUS, le premier volet de la trilogie de Marcel Pagnol. Un de mes films préférés, que je n’ai pas vu depuis presque 3 ans je crois. Une sublime histoire, avec des acteurs géniaux et inoubliables dans cette saga : Raimu qui joue César, Pierre Fresnay qui est le fameux Marius, Orane Demazis dans le rôle de Fanny (qu’est-ce qu’elle était mignonne), Charpin alias Panisse et j’en passe sinon je vous énumère tout le casting.
Si on a déjà vu le film (ou lu / vu la pièce), on connaît cette histoire par cœur, tout simplement parce qu’on a voulu revoir, revivre cette histoire. Celle de Marius, fils de César, qui tient LA BAR DE LA MARINE à Marseille, et qui rêve de prendre le large. De devenir marin en sommes, malgré Fanny, une jeune fille belle comme le jour qui est amoureuse de lui. Panisse, maître-voilier, récemment veuf et un des meilleurs amis de César, courtise Fanny et veut l’épouser. Cette dernière se dit tentée, histoire de rendre jaloux Marius. Et ça marche, la jalousie le prend et fait naître l’amour en lui. Mais à ses yeux l’appel de la mer est plus fort que tout…
Même des années après, la magie est intacte (et restera toujours à mes yeux). Ces personnages, Marseille, le Vieux-Port, l’histoire… quand je vois ce film j’ai envie d’y être. Côtoyer ces personnages qui pourtant n’existent pas en vrai (c’est peut-être parce que je trouve que dans ce film tout est parfait). Marcel Pagnol et Alexander Korda (réalisateurs du film) nous emmènent avec plaisir dès la première minute, nous déconnecte de notre propre vie. Les dialogues sont si drôles et si beaux qu’ils restent en tête pour longtemps (j’en sais quelque chose). MARIUS est l’un des premiers films à succès du cinéma parlant Français.
A peine Marius embarqué à la fin du film, tandis que Raimu le cherche partout en hurlant son prénom, je voulais faire durer le plaisir. Comme toujours lorsque je regarde ce classique, je passe directement à la suite, FANNY (4). Cette dernière, qui commence là où le premier opus se termine, fut tournée l’année suivante. Avant il y’a eu, comme pour MARIUS en 1929, la pièce de théâtre. Cette dernière arriva en même temps que le succès en salles de MARIUS (d’où cette adaptation rapide). Cette fois-ci ce sera Marc Allégret qui sera à la réalisation.
Marius est parti sur LA MALAISIE, abandonnant ses amis, son père César et sa fiancée Fanny. Pour s’aimer encore plus ils n’ont pas attendu le mariage, et la pauvre Fanny se retrouve enceinte. Panisse, sans savoir qu’elle attend un heureux évènement, demande une nouvelle fois à Honorine (la mère de Fanny) la main de la petite. Pour sauver l’honneur de la famille (je vous rappelle que nous sommes dans les années 30), Fanny accepte mais en avouant tout à Panisse. Ce dernier, qui n’a pu avoir d’enfant, décide de s’occuper du bébé comme si il était le sien et est le plus heureux du monde. Mais un soir, Marius revient…
Plus dramatique que le premier (surtout quand Pierre Fresnay revient), de magnifiques scènes (différentes du précédent), des dialogues aussi savoureux, Orane Demazis qui joue comme si elle était dans une tragédie antique… cette suite est à mettre au même niveau que le premier. Raimu et Charpin, eux aussi, crèvent l’écran. Tout simplement magistral.
Histoire de garder que le meilleur pour aujourd’hui, afin de ne rien regretter (dans quelques lignes vous saurez pourquoi je dis ça), je décide de regarder CÉSAR (5), le dernier volet de cette trilogie Marseillaise, quand j’aurai le temps.
Dimanche 22 mars. Il est presque 10 heures. Cette fois j’ai dormi seul, vu que mes parents ne sont pas partis ce week-end. À peine les yeux ouverts je n’ai aucune idée de ce que je vais faire de ma journée, à part être content vu que l’OM, depuis hier soir, est premier du classement après sa victoire face à Nantes (2-0). Faudrait que ça dure. C’est là que je me rends compte que j’ai l’occasion de voir, même si je ne l’aime pas, CÉSAR, le troisième et dernier opus de la fameuse trilogie. Vu que j’ai regardé les précédents je ne vois pas pourquoi je ne regarderai pas celui-ci, même si c’est loin d’être le meilleur film du monde.
L’histoire se passe une vingtaine d’années après. Panisse se meurt. Peu avant son dernier souffle, il demande à Fanny, une fois qu’il sera mort, de tout avouer à Césariot. Ce dernier, premier de l'école Polytechnique, apprend tout de la bouche de sa mère. Il décide alors de partir afin de rencontrer Marius, qui est depuis plusieurs années décrit comme un voyou…
J’ai dit il y’a plusieurs lignes que je n’aimais pas ce film, voici donc les raisons à travers ma modeste critique. Comme l’histoire se passe 20 ans plus tard et que le tournage s’est passé 4 ans après FANNY, il a fallu maquillé les acteurs, ces derniers le sont mais à l’extrême. Pagnol, poussé par ses fans, a écrit rapidement CÉSAR tout de suite pour le cinéma et ça se voit : il fallait une belle fin. Il fallait que Marius et Fanny soient ensemble pour toujours. Niveau intrigue il ne s’est pas foulé et on voit bien que ce final était obligé. Les phrases « piquantes », les bons dialogues qui ont fait en partie la beauté des premiers épisodes ne sont plus là. Le côté comique n’est pas ici (ou alors se casse la gueule). Pagnol est aussi passé derrière la caméra, ce qui n’a pas été la meilleure idée de sa carrière. On sourit juste à l’idée de revoir Raimu, Orane Demazis ou encore Pierre Fresnay dans ces beaux rôles une dernière fois. Et il y’a André Fouche, l’acteur qui joue le fils. Enfin qui joue… à certains passages il en fait trop, ou alors il montre qu’il ne connaît rien en interprétation. Son jeu est épouvantable, même moi alors que je n’ai eu que 2 ans de cours de théâtre (je pense qu’il a eu plus quand même) ferait mieux. La magie n’est plus là. Comme quoi c’est depuis toujours que, dans l’histoire du plus beau des arts, le troisième volet d’une saga n’est pas forcément le meilleur. Mais bon, il faut se dire que tout est bien qui fini bien, et qu’un amour comme ça, même après 20 ans d’une séparation forcée, le fait qu’il soit toujours aussi vrai, c’est une des plus belles choses qui soient.
Midi est passé depuis plusieurs minutes, il faut que je fonce à la douche et trouve quelque chose à faire pour le reste de la journée (peut-être lire ou regarder d’autres films, oui certainement regarder d’autres films). Qu’est-ce que j’ai envie d’être à demain après-midi puis mardi (au bord de la mer) et à samedi et dimanche (week-end à Paris). Comme je m’amuse à dire ces derniers jours : « je sens que la semaine prochaine va être crevante ».
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1 = Lire l’article RICK O’CONNEL DERIDES INDIANA JONES.
2 = THE JUNGLE BOOK, réalisé par Wolfgang Reitherman, écrit par Larry Clemmons, Ralph Wright, Ken Anderson, Vance Gerry et Rudyard Kipling (1966 Walt Disney Pictures).
3 = Écrit (d’après sa propre pièce de théâtre du même nom de 1929) et réalisé par Marcel Pagnol, réalisé également par Alexander Korda, avec Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Fernand Charpin, Alida Rouffe, Paul Dullac, Robert Vattier, Alexandre Mihalesco (1931 Les Films Marcel Pagnol).
4 = Réalisé par Marc Allégret, avec Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Fernand Charpin, Alida Rouffe, Robert Vattier, Auguste Mouries, Milly Mathis, écrit (d’après sa propre pièce de théâtre du même nom de 1931) par Marcel Pagnol (1932 Les Films Marcel Pagnol).
5 = Écrit et réalisé par Marcel Pagnol, avec Raimu, Pierre Fresnay, Orane Demazis, Fernand Charpin, André Fouche, Alida Rouffe, Paul Dullac, Robert Vattier, Edouard Delmont (1936 Les Films Marcel Pagnol).
Photo : Theodore Pahle (1931).
Publié par Adrien Balboa à 07:53:15 dans Voyage au pays des vivants | Commentaires (14) | Permaliens
Voici deux articles (un peu retouchés, car honnêtement c’était pas parfait) publiés sur mon ancien blog il y’a un an et demi, parce qu’ils ont un rapport avec un article que j’ai en tête pour la semaine prochaine (ou celle d’après je sais pas), dont ce dernier racontera ce que je vivrai dans la journée et demain…
SIX ANS EN UNE NUIT (publié le 21 septembre 2007)
Hier soir ma mère partait en week-end comme toutes les deux semaines (mon père la rejoint toujours le samedi après le travail). Elle me demande de l'accompagner au camping avec mon père et je reviendrai avec lui après le dîner. Au lieu de répondre quelque chose comme « plutôt crever » (vous saurez pourquoi), j'ai dit oui.
Des kilomètres plus tard, je suis arrivé et certaines choses avaient changé en mieux (comme la piscine) puis des souvenirs par milliers me sont revenus alors que ça faisait près de deux ans que je n'y suis pas allé (il faut dire que j'y suis allé en vacances 6 ans de suite). À chaque fois que j'arrivais là-bas, mon réflexe était de me rendre à la plage qui est à environ une quinzaine de minutes à pieds. Donc pour ne pas perdre les bonnes habitudes je m'y rends, MP4 aux oreilles et téléphone portable en main (Estelle, alias ma Tite Bite, doit m'appeler). Sur le chemin, avec l'air d'A LA FAVEUR DE L'AUTOMNE (1), d'autres souvenirs me reviennent. Ceux des délires que je me tapais avec des amis de l'époque. Des amis comme Maxime, son frère Kévin, Cindy (alias La blonde aux cheveux bleus ici), Océane et d'autres. Une fois arrivé à la plage, bien assis sur les galets devant des vagues assez agitées, ma Tite Bite m'appelle enfin. Vingt minutes plus tard, l'air de la mer m'inspire donc je compose (pour ne pas changer). Ensuite, par fainéantise je décide de rester un peu et de respirer l'air très frais, qui au passage m'a donné un putain de rhume, puis d'autres souvenirs refont bien entendu surface (je sais j’aurai pu appeler cet article SOUVENIRS, SOUVENIRS). Un de mes premiers baisers avec Cindy quand je sortais avec, mais aussi pourquoi je suis fâché avec Océane. Les bons souvenirs que j'ai eu avec cette dernière puis les couchés de soleil que j’admirais certains soirs très bien accompagné (car je trouve qu'il n'y a pas plus romantique). Au chemin du retour, dans la grande caravane où je passais des bonnes soirées quand mes parents n'étaient pas là (si vous voyez ce que je veux dire), divers endroits de ce camping me donnèrent encore les bons souvenirs comme les mauvais (la raison de ma première tentative de suicide et qui "a fait" mes premières compos puis la cause pour laquelle je n'y vais plus). Bordel, si mes amis du camping LE MARQUEVAL (donc Maxime, Kévin et Cindy) étaient restés je serai quand même toujours là-bas l'été, car je crois que c'est l'endroit où je me suis le plus éclaté.
Il fait nuit. Je m'en vais alors avec mon père et pense une dernière fois à trois choses : ma première fois avec une fille (où je n'étais pas très frais et dont je n’ai pas de souvenirs), Jackass (le poney que je m'occupais avec Océane) et Laura, une jolie bretonne qui un beau jour de 2003 s'est décidée que Pervers serait mon surnom. Six ans en peu de temps... au lieu de passer ma soirée à lire FRANKENSTEIN (2), j'écris au brouillon ce que vous voyez actuellement.
COMME D’HABITUDE (publié le 05 octobre 2007)
« Comme d'habitude, toute la journée, je vais jouer à faire semblant, comme d'habitude je vais sourire, comme d'habitude je vais même rire, comme d'habitude enfin je vais vivre... » (3). Comme d'habitude à chaque quinzaine, ma mère part en week-end dans ce camping où je n'y retournerai plus pour y passer mes vacances. Comme d'habitude, mon père va la conduire, mange avec elle le soir et la rejoint le samedi après le travail, mais ça vous le savez déjà puisqu'il y'a justement quinze jours j'y suis allé et que six ans de souvenirs me sont revenus en une soirée (voir article concerné). Et vous savez quoi ? J'ai bien voulu y aller hier, ne me demandez pas pourquoi je ne le sais pas moi-même.
J'arrive à ce fameux camping du MARQUEVAL et comme d'habitude je me rends à la plage à pieds, lunettes de soleil sur le nez puis écouteurs dans les oreilles. Une fois arrivé là-bas, je vais à la pâtisserie du coin et achète une baguette viennoise avec des pépites de chocolat que je dévore une fois bien posé devant la mer calme, le tout sous un ciel superbe (idéal pour composer ou faire le brouillon d'un article, si vous voyez ce que je veux dire...). Là, contrairement à la dernière fois, ce ne sont pas des souvenirs qui me viennent mais une lassitude. C'est la seconde fois que je viens en deux semaines et j'en ai déjà marre. Je le dis : je n'y retournerai plus avant longtemps si c'est pour faire les mêmes trucs. Il faut dire que j'ai horreur du quotidien, des choses répétitives, c'est peut-être pour ça que j'ai du mal à me caser.
Il fait nuit, je pars avec mon père en voiture en me disant de bien profiter de ce week-end avant de me mettre à chercher deux fois plus un boulot et de voir (enfin) pour le permis. Mais aussi j'en profite car c'est le dernier week-end où mes parents partent avant le mois de mars. Comme dirait un type que je suis loin d'aimer : « Comme d'habitude, même la nuit, je vais jouer à faire semblant... » (4).
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1 = De Tété, extrait de l'album du même nom (2003 Sony BMG Music).
2 = De Mary Shelley (1818).
3 et 4 = COMME D'HABITUDE de Claude François (à l'origine), extrait de l'album du même nom (1967 Philips).
Photo : Adrien Balboa (2002).
Publié par Adrien Balboa à 08:06:30 dans Voyage au pays des vivants | Commentaires (15) | Permaliens
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Vous et moi...